Psychic Capital | Jessica MacCormack

CAPITAL PSYCHIQUE est le nouveau projet de l’artiste Jessica MacCormack qui vient d’entreprendre une résidence au Studio XX d’une durée de deux mois.

Pendant sa résidence, Jessica MacCormack travaillera sur un film d’animation intitulé Capital Psychique. La bande sonore sera mise en oeuvre avec la collaboration du musicien et artiste sonore Rae Spoon. Le but de ce projet est de combiner animation expérimentale et son, afin d’explorer comment le développement de l’identité est conduit (et parfois contrôlé) par des relations psychiques avec le capitalisme et ses objectifs politiques plus larges. En utilisant diverses images et sons venant tant de sources contemporaines que d’archives, Jessica MacCormack va travailler sur trois films d’animation expérimentaux utilisant la technique stop-motion. Cette trilogie s’attarde sur trois sujets principaux : l’histoire de la psychiatrie et du capitalisme/consumérisme en Amérique du Nord, les expérimentations liées au projet MKULTRA à Montréal pendant la Guerre Froide, et les droits des patients dans le système de santé canadien contemporain.

Au cours de sa résidence, Jessica travaillera avec Rae Spoon sur la création de la bande sonore pour ce projet d’animation. L’artiste espère produire un trame récit non linéaire en mixant des échantillons d’enregistrements (tels que la musique, des entretiens, ou des pistes sonores, ainsi que des images non retenues lors du montage), ainsi qu’en générant des bruits et des sons électroniques grâce à la manipulation des ondes sonores ou des signaux acoustiques avec des logiciels informatiques.  La combinaison innovatrice des techniques du stop-motion, du cut-out, de l’animation graphique, et du dessin à la main permettra à l’artiste d’explorer le matériel visuel. L’artiste espère ainsi élargir sa compréhension de l’animation et son potentiel artistique.

L’oeuvre de Jessica MacCormack combine des éléments d’interaction, de performance, d’intervention, d’installation et de vidéo. Ce projet veut bouleverser les concepts de normalité et de fonction comme des catalyseurs de dialogue, tout en étant attentif à une critique sociale des structures institutionnelles qui propagent des oppressions systématisées. Il lui est important d’ajouter un sens d’autocritique de manière à ne pas reproduire les mêmes structures de pouvoir. Les notions de la collectivité et de la communauté ont aussi forgé sa pratique. Elle participe activement à la culture des centres d’artistes autogérés, ainsi qu’à des collectifs de performance et à d’autres collaborations depuis longtemps. Ainsi, avec la création de projets artistiques au sein des prisons et avec le projet Communities Art Project à Winnipeg, son implication artistique a connu un engagement croissant par le travail avec des femmes et des jeunes qui sont confrontés à la délinquance et à la justice. Elle s’intéresse vivement au potentiel transformatif de l’art face aux sujets tels que la pauvreté, la colonisation des populations autochtones, la criminalisation, la santé mentale, le trauma et les revendications des Gays et Lesbiennes. En 2008, Jessica a achevé sa maîtrise en Art public et nouvelles stratégies artistiques à l’Université Bauhaus (Weimar, Allemagne).