Memory Work

Participant·e·s

Memory Work : Une conversation entre Aarati Akkapeddi et Zinnia Naqvi
Vendredi 18 juin 2021, 12h – 13h
Gratuit | Inscription via ce lien
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Aarati Akkapeddi présentera le travail qu’iel a développé lors de sa résidence chez Ada X. Utilisant ses archives familiales comme données d’entraînement pour des réseaux générateurs adversariaux, Akkapeddi a produit une série d’images et de vidéos qui traduisent la fluidité de la mémoire collective et personnelle. La présentation sera suivie d’une conversation avec l’artiste Zinnia Naqvi.

« Aarati Akkapeddi nous offre une incursion au sein de son histoire familiale, en nous présentant des souvenirs lointains dans un monde nouveau. Le travail de l’artiste se penche sur l’entraînement des données à reconnaître un ensemble de visages – plus précisément ceux de sa propre famille –, puis à générer, à partir d’eux, de nouvelles images. Combinant des méthodologies actuelles avec des pratiques désuètes, Akkapeddi se penche sur une volumineuse archive de diapositives et de négatifs kodachrome numérisés, qui connaît une seconde vie dans l’univers numérique.

L’œuvre dans son ensemble est empreinte de nostalgie, les informations se recopiant à l’infini pour créer des souvenirs qui se décomposent sous les yeux mêmes des spectateur∙rice·s. Telle une reconstitution, chaque image est différente, mais néanmoins similaire. Ces images vivent dans un univers obsédant qui leur est propre, ne paraissant être que les ombres spectrales d’elles-mêmes. On peut se sentir proches d’elles, comme si nous les avions connues, mais n’en gardions qu’un souvenir diffus, à l’instar d’un rêve s’estompant lentement au réveil. Akkapeddi explique : « J’ai l’impression que l’intangibilité des archives évoque plus qu’une simple perte de mémoire : elle permet de rêver à de nouvelles possibilités, d’imaginer des parallèles ».

La filiation de l’artiste avec l’œuvre est essentielle, puisque les photographies traversent les générations en transmettant au passage un sentiment de tristesse et d’immobilité. D’une certaine manière, Akkapeddi fait appel à la technologie pour se transporter dans des moments auxquels iel n’a pu physiquement prendre part. L’imperfection des reconstitutions faciales suscite une impression d’éloignement, comme si les ancêtres de l’artiste avaient été contraint∙e∙s de créer un microcosme auquel elles et eux seul∙e∙s pourraient appartenir.

Il est intéressant de noter qu’il est difficile de dire si les données elles-mêmes ont des biais raciaux. Cependant, le système semble prioriser certaines images, notamment celle de la mère de l’artiste lors de son mariage. Selon Akkapeddi, « cela témoigne d’un système de valeurs imposé aux femmes, où le mariage et l’éducation des enfants sont valorisés plus que toute autre chose ».

La beauté du travail d’Akkapeddi est qu’il importe peu que nous soyons lié∙e∙s, en tant que spectateur∙rice·s, à sa famille, puisque cette dernière nous rappellera la nôtre. Pour ma part, je suis nostalgique de certains souvenirs et des sentiments qui y sont liés, car je crains le jour où je ne pourrai plus me les remémorer. » – Angelina Ruiz

Aarati Akkapeddi est un∙e artiste pluridisciplinaire telugu-américain∙e vivant à New York. Iel emploie des archives pour explorer comment les identités et les histoires sont façonnées par différentes méthodes de collecte de données.

Zinnia Naqvi est est une artiste interdisciplinaire basée à Tiohtià:ke/Montréal et Tkaronto/Toronto. Son travail examine les questions liées au colonialisme, à la traduction culturelle, à la langue et au genre par le biais de la photographie, de la vidéo, de l’écriture et des documents d’archives.

Angelina Ruiz est une artiste, écrivaine et militante nuyoricaine dont le travail explore les liens familiaux, la gentrification et la diaspora portoricaine.

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